Avec Shinobigoto, ce dessinateur encore discret en dehors du Japon s’impose semaine après semaine dans les pages du Weekly Shōnen Jump, porté par la critique, par ses pairs et par un lectorat de plus en plus large.
Tokyo, Rédaction du Weekly Shōnen Jump
Chaque semaine, des dizaines de séries se disputent quelques précieuses places dans le classement du Weekly Shōnen Jump, le magazine le plus influent de l’industrie du manga. Au milieu de cette compétition féroce, une œuvre progresse discrètement, sans campagne publicitaire spectaculaire ni effet de mode.
Son nom : Shinobigoto.
Son auteur : Santa Mitarashi, un mangaka dont la maîtrise du dessin, la précision de la mise en scène et la rigueur de composition commencent à attirer l’attention bien au-delà des bureaux de la Shueisha.
Un parcours d’artisan avant celui de star
Rien ne semblait destiner Santa Mitarashi à devenir l’un des nouveaux visages du Weekly Shōnen Jump.
Après des études artistiques au lycée Matsumoto Daiichi, puis en design à l’université Musashino, il débute sa carrière dans le secteur de la production vidéo comme gestionnaire de projets. Cette expérience lui apporte une solide compréhension du rythme narratif et du langage visuel avant qu’il ne décide de revenir à sa véritable passion : le manga.
Ses premiers travaux apparaissent en 2017 avec un one-shot publié dans une relative discrétion.
Quatre années plus tard, plusieurs histoires courtes lui permettent d’affiner son style jusqu’à la publication de Candy Flurry en 2021 dans le Weekly Shōnen Jump, où son sens du découpage, du rythme et de la caractérisation commence réellement à être remarqué.
Son passé dans l’audiovisuel influence encore aujourd’hui profondément son dessin. Chaque scène d’action possède une construction proche du cinéma : cadrages précis, gestion du silence, économie de traits et lisibilité constante.
Shinobigoto, ou l’art de cacher un grand cœur sous une cagoule
Depuis septembre 2024, Santa Mitarashi dessine Shinobigoto sur un scénario d’Ippon Takegushi.
L’idée de départ paraît simple.
Même dans le Japon contemporain, les ninjas existent toujours. Invisibles aux yeux du grand public, ils poursuivent leurs missions dans l’ombre.
Le héros, Yodaka, est l’un des meilleurs shinobis de sa génération. Derrière son efficacité redoutable se cache pourtant une faiblesse inattendue : une anxiété sociale particulièrement handicapante.
Sa nouvelle mission consiste à protéger Aoi Mukai, une lycéenne aussi maladroite qu’attachante, devenue la cible d’un groupe de ninjas dissidents.
Toute la force de la série réside dans ce contraste permanent.
D’un côté, un univers d’espionnage, d’assassinats et de combats d’une grande intensité.
De l’autre, le quotidien banal d’un lycée japonais, rempli de situations embarrassantes auxquelles Yodaka est souvent incapable de faire face.
Chaque chapitre alterne ainsi entre démonstrations de maîtrise martiale et instants profondément humains, donnant naissance à une œuvre qui mêle action, humour et émotion avec une étonnante fluidité.
Cette dualité explique en grande partie pourquoi Shinobigoto est aujourd’hui considéré comme l’une des rares séries de ninjas à avoir véritablement trouvé sa place dans le Jump depuis la fin de Naruto.
En chiffres et en reconnaissance
- Sept volumes publiés en moins de deux ans de prépublication.
- Série classée jusqu’à la deuxième place du sommaire hebdomadaire du Weekly Shōnen Jump.
- Plus grand nombre de pages couleur accordées par le magazine depuis le début de l’année 2026.
- Recommandée publiquement par Yūto Tsukuda (Food Wars!) et Shūichi Asō (Saiki Kusuo no Ψ-nan).
- Nommée lors de la 11ᵉ édition des Next Manga Awards, catégorie papier.
Pourquoi découvrir Santa Mitarashi aujourd’hui ?
Les grandes séries du Weekly Shōnen Jump sont souvent reconnues par le grand public après leur adaptation en anime, lorsque leur succès est déjà mondial.
Shinobigoto se trouve précisément à ce moment charnière.
La série bénéficie déjà d’une reconnaissance importante auprès des professionnels de l’industrie, tandis que son lectorat japonais continue de croître régulièrement.
À l’international, en revanche, son potentiel reste encore largement sous-estimé.
Trois courts métrages animés, diffusés dès décembre 2024 sur la chaîne officielle du Weekly Shōnen Jump, ont déjà démontré la force visuelle de l’œuvre et alimentent les spéculations autour d’une future adaptation animée de plus grande ampleur.
Le regard du Mag’Ison
Suivre Santa Mitarashi aujourd’hui, c’est observer un auteur au sommet de sa progression plutôt qu’au sommet de sa célébrité.
C’est précisément ce moment si particulier, celui où un artisan devient progressivement une référence incontournable du manga contemporain, que Mag’Ison souhaite raconter à ses lecteurs.
